L’indifférence d’un citoyen face à la gestion de la cité
L’indifférence d’un citoyen face à la gestion de la cité, est une négation de la citoyenneté.
L’indifférence d’une bonne partie des citoyens sénégalais sur l’appréciation correcte du régime de l’alternance, par rapport à la réalité de leur vécu quotidien depuis 2000, pose un véritable problème sociologique voire de citoyenneté. On peut bien le dire et cela s’est confirmé dans le cas de l’élection présidentielle 2007 et, même risque de se renouveler aux cours des législatives à venir si, nous n’y prenons pas garde. Il est évident que les Sénégalais, parmi lesquels les couches les plus déshéritées, qui sont lourdement frappées par les méfaits de la crise ou plus exactement, de la mal gouvernance du régime ultra libéral de Me A Wade, ont été insensibles pour ne pas dire indifférents par rapport à leur propre situation du moment, lors du vote. Certains me diront que, c’est l’achat des consciences qui est passé par là. Sans doute oui, mais, si ceux-ci, avaient pris conscience de leur vécu quotidien et de celle du pays globalement depuis 7 ans, ils auraient dû refuser de se faire acheter si tel est le cas. Le fait, que les partis politiques convoitent et se disputent le Pouvoir, chose tout à fait normal dans une république qui de surcroît se proclame démocratique, ne dispense aucun citoyen de son droit de regard sur ce qui se fait ou devrait se faire à notre nom, moins encore, de son devoir de veiller scrupuleusement à qui doit-on confier les destinées de son pays. L’indifférence, l’acceptation ou la résignation d’une partie du peuple sénégalais, devant le fait accompli frauduleusement ou illégalement par les tenants du pouvoir, constitue un recul démocratique sans précédent, par rapport à l’exploit qui s’est produit dans notre pays un 19 Mars 2000. Qui plus est, et paradoxalement, ce sont, ceux-là mêmes qui ont été justement les bénéficiaires de ce vote de sursaut en 2000, qui en sont aujourd’hui les fossoyeurs. Voilà des gens qui, depuis leur accession au pouvoir, ont décidé fermement de supprimer les voies et moyens démocratiques, les leviers juridiques et institutionnels ainsi que tous les accords acceptés par consensus ; comble d’ironie, ce sont les moyens par lesquels l’alternance a pu se réaliser qui sont visés. Faut-il le souligner ? L’indifférence face à un régime qui ne recule devant aucune bassesse pour se maintenir au pouvoir, est synonyme de licence à laisser tout faire. Et c’est cela que Me Wade a compris, pour infliger au peuple sénégalais un traitement équivalent à celui d’un roi sur ses sujets, ceci depuis 7 ans. C’est aussi l’indifférence qui transforme le citoyen en sujet, en lui ôtant toute la dignité et la clairvoyance qui lui permettent d’apprécier, de mesurer, de sentir le mal qui lui est fait et d’y faire face ; elle ne laisse ainsi au citoyen tétanisé que la seule possibilité d’écoute des discours démagogiques et hors saison parce que coupés de la réalité, mais que ce dernier prend malheureusement pour de l’argent comptant. Me Wade est maintenant convaincu, qu’avec l’argent du contribuable sénégalais à sa disposition, il peut se permettre d’acheter les transhumants caméléons et autres marabouts politiciens, et avec une machine électronique à fraude, il n’a plus besoin de respecter nos institutions et moins encore les sénégalais qui semblent tout supporter, pour gagner des élections. Ainsi l’indifférence des citoyens a permis à un régime fait d’échecs, qui n’a tenu quasiment aucune de ses promesses durant tout un septennat ; et dont le seul bilan est l’évocation de chantiers inachevés et un discours d’autoglorification synonyme de fait d’armes, de se faire réélire malgré tout pour 5 ans encore. C’est invraisemblable ! Ce régime qui devait dans les conditions normales, recevoir de la part des victimes de l’alternance, une sanction exemplaire pour incompétence dans la gestion des affaires publiques, pour avoir battu le record de tous les temps des scandales politico financiers, pour les crimes et attentats contre des opposants, des journalistes ou de simples citoyens sous le magistère de Me Wade qui n’ont jamais été élucidés, pour les catastrophes qui ont coûté au peuple sénégalais des milliers de pertes de vies humaines sans que le moindre responsable ne fût arrêté, est passé entre les mailles pour se faire « plébisciter » on ne sait comment, sans même un avertissement. C’est à croire que certains sénégalais sont aujourd’hui convaincus, que Dakar c’est le Sénégal. Ils semblent oublier combien le coût de la vie à grimper entre 2000 et 2007. Est-ce qu’ils ont visité entre temps les autres villes du Sénégal outre Dakar et Thiès pour se rencontre compte de leur état de délabrement ? L’indifférence devrait-elle nous faire oublier les peines et les dégâts que les délestages, les pénuries de gaz et de carburant nous ont causés, sans parler de leur incidence néfaste sur le plan économique et social dans le pays ? Méfions-nous des clichés savamment orchestrés pour nous boucher la vue, par un pouvoir expert en faux et usage de faux et dont la méthode de gestion se fonde sur l’informel et des mesures prises à l’emporte pièces. Comme le montre si bien cette Loi sur la parité homme/femme décidée au pied levé qui, loin de répondre à une revendication fondamentale des femmes, est de pure démagogie pour les anarquer et voire, de remettre en cause la tenue des législatives. Comment peut-on en 10 jours au meilleur des cas pour le dépôt des listes, voter une loi, l’imposer sans tordre le coup comme à son habitude à la loi, en usant de la rétroactivité et autres subterfuges ? Et dire qu’il existe des juristes et des institutions dans ce pays ! Ceci ramène notre pays au rang du Zimbabwe de Mugabe et de la Guinée de Conté. C’est une dégringolade de notre pays à tous les niveaux, qui devrait nous faire honte en tant que sénégalais. Il est aussi temps à mon avis, que nous arrêtions de vivre de notre passé « si glorieux » qui nous sclérose au point de nous empêcher de regarder devant et loin à l’horizon. Comme disait l’autre : quand on vit de son passé, on avance jamais. La situation grave du pays appelle tous ses enfants patriotes et démocrates de tous les âges, hommes comme femmes, à l’image du Président Mamadou Dia, qui est toujours à l’avant-garde du combat malgré son âge avancé, à sauver notre pays des mains inexpertes du régime libéral issu de l’Alternance. Toutes les forces vives de la nation et tout particulièrement la jeunesse devraient s’accorder sur l’essentiel et l’urgence de l’heure, ceci dans les meilleurs délais pour limiter les dégâts avant qu’il ne soit trop tard. Parmi les urgences, il faudrait vaincre en tout premier lieu l’indifférence et l’immobilisme de ceux–là qui pensent qu’ils ne sont en rien du tout concernés par le devenir de notre pays et tout ce qui peut lui arriver demain. Les incantations des saltigués ou de prétendus protecteurs invisibles de notre pays, ne constitueront pas une assurance ou un antidote pour arrêter des irresponsables dictateurs avides de pouvoir ou bien, d’empêcher une catastrophe pour négligence ou imprévoyance de s’abattre sur notre pays. Le Bateau le Joola, les inondations, l’émigration clandestine et autres accidents etc… sont là pour nous en convaincre. Je le disais récemment dans une de mes contributions avant la présidentielle. « A l’heure du choix - et nous y sommes – il n’existe que deux camps ». Le camp du pouvoir et celui qui lui est opposé, tout autre camp, n’est que diversion pour embrouiller les pistes de solutions durables et éventuellement négocier avec le pouvoir sa transhumance. Les discours de gauche ou d’avant-gardiste ne doivent plus nous induire en erreur, seuls les faits sur le terrain de la lutte contre les méfaits du régime libéral, seront pris en compte désormais. Grâce à l’alternance nous sommes suffisamment édifiés maintenant pour savoir qui est qui. A propos de la Gauche : on peut le devenir, l’être ou l’avoir été, c’est aussi simple que cela. La Gauche c’est une attitude conséquente et un comportement ferme contre une politique libérale qui tourne le dos aux intérêts de la nation et non un simple discours qui fait rêver. Alors suivez mon regard ! Dans ce combat ultime, pour éviter le chaos à notre pays, dans les 5 ans à venir, la jeunesse occupe une part prépondérante et décisive. Elle doit cesser de douter de son avenir et de celui de notre cher pays qui sont d’ailleurs confondus et intimement liés, si tant est, qu’elle demeure convaincue, qu’elle est l’espoir de la nation pour demain. La jeunesse doit s’engager pour devenir la locomotive de la lutte, de concert avec les hommes et les femmes qui sont déterminés à se battre pour une alternative à l’alternance de machiavel, afin de défendre nos acquis démocratiques obtenus de hautes luttes par les générations précédentes. C’est un legs à sauvegarder par notre jeunesse. A l’attention de ceux de nos concitoyens, allergiques à la politique inconsciemment, je voudrais dire, qu’exercer son devoir citoyen n’est pas faire de la politique mais, c’est usé d’un droit constitutionnel pour prendre part au choix de nos dirigeants. Nous sommes tous concernés et avons une part de responsabilité de ce qui arriverait demain, si nous restions simples spectateurs c’est-à-dire indifférents, à laisser faire un pouvoir qui se monarchise dans une république. Ainsi, ce que vous pouvez faire aujourd’hui chers compatriotes, n’attendez pas demain pour le faire car, il risque d’être trop tard.
Mandiaye Gaye BP 1600 Dakar