Elections et opposition au Sénégal : L’indispensable boycott
Dans un Etat de droit, synonyme de l’exercice démocratique du pouvoir politique, les élections sont une technique procédurale dont l’ultime objectif consiste à doter l’élite promue d’une souveraineté légitime. Tous les constitutionnalistes du monde s’y accordent. Mieux encore, ils déduisent des élections truquées les germes puants d’une dictature qui se déguise. Le modèle Sénégalais est ici archétypique ; un véritable cas d’école pour tout régime politique dictatorial soucieux de son image de marque.
De DIOUF à WADE, le marketing politique du régime se jouait toujours sur fonds de prétentions modernisatrices avec tous leur cortège de : démocratie, droits de l’homme, constitutionnalisme ... etc.
Vu de cet angle, il serait donc différent des dictatures de type Sékou TOURE et Mugabé ou même de celui de Saddam Hussein. Avec toutes les similitudes que l’on pourrait identifier, je me contenterais de repérer une différence aussi importante que distinctive: Dans ces derniers modèles tyranniques, l’on s’en fout de son image sur la scène internationale. Que les victimes se comptent par centaines ou par milliers cela ne dissuaderait jamais le Président ni le contraindra à reculer d’un iota sur ses choix politiques.
D’aucuns ne pourraient y prétendre le cas au Sénégal.
La réalité d’un régime autoritaire, oppressif et corrompu, ne devrait pas dissimuler sa nature hypocrite et extrêmement dépendante de l'argent. Cela a pu se vérifier à maintes reprises : Des pourparlers avec l'opposition autour de la lois sur le code électoral au soit disant création du CENA. Certes les acquis sont momentanément conservés. Toutefois, ce qui est obtenu aujourd’hui pourrait se voir exproprier le lendemain. Une véritable marrée de flux et de reflux qui tend à s’éterniser pour caractériser toute notre histoire moderne et en faire une « spécificité Sénégalaise ». Il s’ensuit q’au-delà d’une autoritarisme constante, l’appréhension de l’action politique officielle dans son mouvement permet de dégager un constat :
Le régime de WADE ne recule point ni devant la persévérance ni devant l’obstination de ses adversaires. il ne cède jamais, il finit par tourner le dos.
Ceci étant, il incombe à l’opposition représentative de tirer au maximum profit de ce boycott afin de mieux rythmer sa marche vers une République authentique. Quelle que soit la nature de la lutte boycott ou manifestation, la différence doit se concevoir dans la complémentarité et nullement dans la contradiction.
Seule ligne de démarcation entre les différents acteurs pour la cause de la démocratie : Il ne faut jamais cautionner une politique d'autoritarisme quelles que soient ses « réalisations », car elle cherche en réalité à substituer une mise en scène électorale à une légitimité politique.