Pour les élections législatives WADE a choisi ses concurrents

Publié le par BENSEN

Le Président Abdoulaye WADE compte organiser le 03 juin prochain des pseudo-élections comme les présidentielles. Il a choisi ses 15 ’’concurrents’’ et distribué d’avance le nombre de sièges. Reste l’annonce du 87 % de son parti, consacrant sa propre majorité au parlement.

Cependant, je comprend le boycott de l'opposition représentative d'une part et la participation des autres d'autre part. On peut être opposé au boycott et vouloir participer à ce scrutin en tant que candidat. Cela ne me choque pas et je vois même certains arguments avancés comme intéressants dans ce débat du « pour ou contre le boycott » comme : profiter de l’occasion des élections pour occuper le terrain et aller à la rencontre des Sénégalais afin de leur montrer que d'autres alternatives aux grands partis sont possibles ou encore profiter des fenêtres médiatiques pour se faire connaître. Ces arguments restent réalistes même si à mon sens, le terrain occupé par ces grands partis reste inviolable et que les impacts médiatiques pendant les législatives sont quasiment inexistants.
Par contre, d’autres arguments contre le boycott me semblent à l’inverse totalement folkloriques et coupés de la réalité. Je pense en particulier à ceux développés par Monsieur Abdoulaye Mactar DIOP son l’interview sur les ondes de la rfm. 

Cette consultation du peuple, aux résultats connus d’avance à la décimale près, se déroulera avec ou sans l'opposition. Elle se fera en opposition totale à la volonté des millions de Sénégalais. En s’auto-légitimant par des élections, rejeté par l’opposition et boycotté par les militants, et par lequel le PDS va s'offrir l’impunité perpétuelle. En se mettant au dessus de la lois fondamentale du pays pour repporter les élections. En contradiction avec ses propres engagements de ne pas ré-instaurer la CENI. 

Ces pseudo-élections signeront, si leurs résultats sont entérinés par la commission électorale, le triomphe de la fraude électorale sur le droit, la banalisation du contentieux électoral, sans parler de l’acceptation que les mécanismes de la démocratie soient pervertis et manipulés pour servir en toute impunité à un Etat irrésponsable. 

Par conséquent, j’appelle solennellement :

Les Sénégalais à un sursaut de patriotisme et de dignité, au rejet de la passivité et du fatalisme (Yalla ko fi teek)pour s’opposer à ce viol de nos droits et libertés, et ce, par tous les moyens pacifiques, dont un boycott actif et déterminé de la mascarade du 03 Juin.

Toutes les forces vives du pays et sans exclusive à s’unir, pour conduire cette bataille du boycott, mais aussi pour préparer une alternance politique centrée sur  Les débats d'idées.

Chers patriotes, la stratégie du boycott est une démarche qui soulève beaucoup d’interrogations légitimes quant à ses résultats ou ses effets. On pourrait penser de prime abord qu’il s’agit d’un type d’action marginale. Il peut pourtant se révéler être une véritable menace pour un régime, être révélateur d’un refus d’une situation et clarifier les positions politiques des uns et des autres. Le boycott est un catalyseur . Les Sénégalais peuvent être désorientés par la défaillance de certains partis à fonctionner ou à promouvoir un projet de société. Sans appel au boycott, les Sénégalais contribueraient directement ou indirectement à faire élire encore les  mêmes clowns parlementaires. 

Le boycott est la conduite à tenir pour retirer toute crédibilité à une escroquerie électorale. C’est le moyen aussi de transformer les mécontentements en une réelle action politique. En l’absence d’actions sur le terrain, la non participation peut s’avérer être un dénominateur commun aux forces de l’opposition. Le boycott est un acte sincère dont le but responsabilise les électeurs potentiels et dont les effets psychologiques seront bien plus importants sur la population. C’est une action collective porteuse d’idéologie, d’idéaux. Ce qui manque cruellement actuellement pour les Sénégalais.

Idrissa Ben SENE

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Publié dans Réflexions

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