Politique

Dimanche 31 août 2008

Farba Senghor limogé du gouvernement
Mon cher ami je vous l’avais dit arrêtez votre cirque….

Tout ou presque tout a été dit sur le limogeage de mon très cher ami Farba Senghor. L’observateur averti a pu en compilant ou en synthétisant les analyses abondamment publiées cette semaine dans les médias se bâtir sa propre opinion. Mais l’événement continuera à faire couler de l’ancre et de la salive. Toute chose qui participe à une clarification des faits juridiques reste toujours médiatique.

Pour paraphraser l’adage, dites-moi comment les journaux analysent et je vous dirai pour qui roulent les plumes qui les écrivent. C’est connu l’homme a ses réseaux dans les nervis et aujourd’hui il est payé en retour par son attachement à la violence. De nos jours ne faut-il pas beaucoup de diplomatie pour faire de la politique ? Mais pour rester dans le sujet de l’heure, disons qu’il y a des limogeages qui n’ont pas besoin d’être expliqués. Ils parlent par eux-mêmes selon la dynamique des circonstances du temps et du lieu.  

Les circonstances du temps pour l’exécutif sont celles d’un gouvernement qui peine à trouver les solutions pour les populations et qui au demeurant n’a pas besoin de conflits. Mais elles sont surtout celles d’une crise sociale non entièrement résorbée qui a occasionné des manifestations inattendues, expressions de fortes demandes sociales en attentes. On ne peut donc pas se permettre de mettre des éléphants dans des boutiques de porcelaines. Les circonstances du lieu sont celles d’une République démocratique en maturation. Le président démocratiquement élu, doit rendre compte aux populations et passer régulièrement l’épreuve du verdict des urnes pour un renouvellement du contrat de confiance. Il ne peut donc se payer le luxe d’une paralysie ou tout au moins d’une incohérence de l’action gouvernementale et partant de tout l’appareil d’Etat.  C’est donc en toute logique que dans ce remaniement ministériel, le président a plaidé pour une plus grande cohérence dans l’action du gouvernement.

Par ailleurs ce que ni le Président de la république ni son Premier Ministre ont dit, c’est que Farba Senghor se prenait pour un PM bis depuis quelques temps. D’abord le conflit de l’Asecna, il a été au cœur de la crise universitaire, il fut le détracteur de Sourang  ministre de l’éducation nationale, il est monté au créneau sur la crise en casamance pour ensuite finir avec la presse. On ne peut pas être si longtemps sur la brèche mais surtout user à la fois des méthodes à la hussarde et à la pieuvre sans devenir encombrant…

Mon cher ami je vous l’avez dit arrêtez votre cirque….

Par l’ambition. Eh oui, celui qui se définissait lui-même comme le coursier de la première Dame voulait être Premier ministre depuis quelque temps ! A défaut d’avoir obtenu cette promotion, il regardait avec condescendance ceux commis à la tâche s’il ne développait pas des initiatives parallèles pas toujours en harmonie avec le souci de collégialité de l’équipe gouvernementale. De fait, l’homme en étant venu à se considérer non pas seulement comme le numéro 2 du parti majoritaire, mais également comme le numéro 2 bis à la tête de l’Etat tout simplement. La peur de perdre un tel piédestal qu’il s’était forgé l’a conduit à créer et à alimenter dès le départ de Macky sall la thèse d’une succession dynastique à la tête de l’Etat. Se rendait-il compte qu’en véhiculant pareille hypothèse, il érodait insidieusement le capital de sympathie des Sénégalais à l’endroit du président, indirectement accusé de népotisme ? Drôle d’attitude pour un « fidèle des fidèles camarades de parti du président ! En somme, à force de jouer au clown avec des arrières pensées de positionnement politique, l’homme a pu paraître encombrant aux yeux du président, gênant sans gêne une coordination efficace de l’action gouvernementale. Son limogeage donne une forte indication de la volonté du Président de donner des couleurs neuves au système de gouvernance. Celle débarrassée du trafic d’influence en tout genre, des passe-droits indus et des intouchables. N’est-ce pas que le signe des temps est à la l’apaisement ?

Idrissa Ben SENE

 

Par Bensen
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Lundi 2 juin 2008

Je me permets de vous écrire, en ayant le sentiment que vous lisiez cette lettre, car voyez-vous, les actions et déclarations que vous êtes en train de poser me choquent, en tant que citoyen mais choquent aussi les observateurs de la vie politique sénégalaise.

Tout d'abord en tant que citoyen, en tant que membre de la société civile, je voudrais vous faire remarquer que vous n'avez pas été élu pour faire le clown, ni pour faire le gendarme du pouvoir, mais bien pour concevoir des programmes de développement au sein de votre département ministériel. Il est donc très choquant de voir que votre travail se réduit finalement à la protection d'une personne et plus particulièrement jouer au gendarme du gouvernement. Peut être aussi que je me trompe, car votre incompétence notoire, alliait à votre ignorance caractérisée étaient vos atouts pour participer dans le gouvernement des daltons, où le seul chef est L. Luc, l'homme qui promet plus vite que son ombre.

Enfin, en tant que citoyen, je suis choqué monsieur le Ministre, de vous entendre proférer des menaces à l'endroit des chefs entreprises membres de la CNES, qui ont juste commis la faute de vouloir dialoguer avec d'autres Sénégalais à travers ces assises nationales enfin, d'arrêter l'inflation galopante qui paralyse les entreprises . Mais malheureusement chez vous, le dialogue n'existe pas seule la violence reste votre devise, et que tout ce qui est fait par l'opposition ou les autres est et reste, uniquement de la propagande; je vous comprend personnellement car, ce mot « propagande » est inscrit dans votre carte mentale.

Ceci dit, permettez moi monsieur le Ministre de vous rappeler ici, les causes qui ont poussé les Sénégalais à tenir ces assises nationales.

Monsieur le Ministre depuis votre arrivée au pouvoir, le peuple Sénégalais vit dans la douleur. La culture de la violence, de l’arbitraire, de l’illégitimité, de la haine, de l’exclusion d’autres acteurs politiques, de la tricherie, de la Corruption et de détournements de fonds publics, du clientélisme, du népotisme…en sont les caractéristiques de votre pouvoir et de non droit instauré par par votre gouvernement .

Sur le plan économique, les résultats sont connus de tous, ils ne son plus encourageants. La dette, le train de vie de l'état, réduction du pouvoir d'achat des Sénégalais par l'augmentation du prix des denrées alimentaires....En bref, le Sénégal se retrouve avec toutes les caractéristiques d’un pays qui est en faillite économique causée par des dirigeants.

Au regard de la situation politique et économique catastrophique causée par votre régime, qui a toujours mis les hommes capables de côté, tout en sachant que seule la capacité peut faire la différence. Une situation de crise qui frappe le pays tant sur le plan politique, économique et sociale, un pays qui est aujourd’hui davantage détruit politiquement, économiquement et socialement. Un pays qui est devenu encore instable qu’il ne le fût jamais auparavant;
Le manque de démocratie, de la violation massive des Droits de l’Homme et de la dictature camouflée de votre régime, Toute cette situation démontre que les assises nationales sont indispensables et nécessaires pour le devenir de notre pays.

Par conséquent, en ma qualité de citoyen Sénégalais, libre et engagé dans la lutte contre toute forme de dictature dans une démarche et respectant les droits fondamentaux des citoyens, j'ai tenu à vous adresser cette note, pour vous demander à vous et à votre gouvernement de laisser ses Sénégalais qui veulent travailler et construire quelque chose de positive pour le Sénégal, de la faire dans la tranquillité et la sérénité. car vous êtes les responsables de la dégradation qui a aboutit à ces assises.

Idrissa Ben SENE

Par Bensen
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Dimanche 1 juin 2008

En organisant les Assises Nationale, l'opposition a exprimé une grande ambition pour le Sénégal: créer un nouvel ordre politique, économique et social pour un Sénégal prospère.

Cet objectif nous devons le soutenir ensemble. Car, il ne peut être atteint qu'en associant tous les acteurs de la vie politique, de la société civile, des secteurs privés, publics, et de la diaspora, en somme toute la population sénégalaise.

Je me félicite que ces Assises puissent rendre possible cet échange d'analyses, de vision, d'idées et surtout d'un projet de société viable pour le Sénégal. Je voudrais ici souligner aussi combien ces Assises constituent selon moi une occasion pour exprimer un choix de société et de politique nouveau: le choix de la bonne gouvernance par la gestion transparente des ressources publiques car c'est le choix du développement durable.

L'objectif a été posé assez clairement par Monsieur Moustapha NIASSE, au terme de la lettre d'information adressé aux Sénégalais de la Diaspora. Ce que Monsieur NIASSE nous a dit en substance c'est que le Sénégal dispose de tous les ingrédients de la croissance par la bonne gouvernance: les richesses minières, les infrastructures industrielles, les terres cultivables, les hommes et les femmes dont la qualité de la formation est reconnue partout dans le monde, une capacité d'épargne des émigrés et de financement importante des Sénégalais de la diaspora. Alors d'où viennent les difficultés à transformer ces atouts en croissance et en emplois des jeunes ?

Pour ma part, ces difficultés tiennent pour l'essentiel d'une allocation imparfaite de toutes ses ressources. Les ressources publiques ne sont plus dans les Ministères mais entre les mains des Directeurs généraux d'agences nationales, les Directeurs généraux ne sont pas là où sont les techniciens de l'administration. C'est donc notre responsabilité commune d'œuvrer pour un nouvel ordre économique et social. C'est à nous tous fils du Sénégal qu'il appartient de créer les conditions de réussite de ces Assises qui constituent la seule porte de sortie à la crise que traverse notre pays.

Car, l'optique fondamental de ces Assises vise à répondre en réalité à trois questions :

1) Comment limiter la souffrance des Sénégalais ?

2) Comment trouver de nouveaux procédés susceptibles d'améliorer le pouvoir d'achat des Sénégalais ?

3) Comment, ensuite transformer ces bonnes idées en croissance et en emploi ?

Toutes les analyses d'experts le démontrent, la bonne gouvernance et l'utilisation rationnelle des ressources de l'état liés à la transparence constituent, le principal gisement du développement et d'une paix durable.

Messieurs les participants, ce rendez-vous a été pris, à la demande déjà lointaine de plusieurs partis du Front Siigl Sénégal et de la société civile.

D'autre part, la solidarité des partis initiateurs des assises ou de ceux qui parlent en leur nom est rarement prise en défaut, même s'ils étaient occupés par des luttes de positionnement, mais les choix fondamentaux sont ceux que vous savez, sortir le Sénégal de cette galère. Cette rencontre sera déterminante pour le devenir du Sénégal et des Sénégalais. Cependant, nous devons tous nous retrouvé côte à côte pour le même combat et pour la réussite de ces assises. Je ne dirais pas que c'est un devoir, mais il s'agit simplement de problèmes de fonds, et puis à chaque génération son dû. Car, on ne peut pas toujours faire la même chose. Les lignes de clivage qui ont été les vôtres lors des dernières élections correspondaient à une période de l'histoire politique du pays. Celles d'aujourd'hui ne sont pas fondamentalement différentes, mais les formes de ce combat doivent changer. A vous d'en décider, aux assises de dire ce qu'il convient de dire et de faire ce qu'il convient de faire. Ce n'est pas à moi de me substituer à vous, mais je comprends très bien que, si vous dites les mêmes choses, vous ne les dites pas de la même façon, simplement que vous ne disiez pas le contraire.

Pour ma part, j'ai préservé ma liberté de pensée et d'action politique et ce n'est pas en ce moment que je vais y renoncer. Quoique l'on pense ou quoique l'on dise, il reste peu de temps et ce peu de temps, lui, doit être employé à rester fidèle à soi-même, en même temps qu'à tenter de dessiner les lignes du lendemain pour un Sénégal nouveau. Je me réjouis de ces assises vous voir rassemblés au Méridien Président, vous avez bien fait de choisir cet endroit, ce lieu qui à travers le temps a montré qu'il symbolisait toujours le sérieux et la dimension des rencontres. Vous avez bien fait.
Et c'est pour moi l'occasion de répondre d'un seul coup à bien des obligations citoyennes auxquelles j'avais souscrit à travers le temps et je me sentais redevable à votre égard. C'est fait, si l'on peut dire. Mon ami El Hadj KASSE du Model (mouvement démocrate et liberté) se rappellera de nos conversations passionnées d'il y a quelques temps. Avec d'autres que j'ai eu la chance de connaître et qui sont devenus mes amis depuis lors. L'opposition aime se diviser. Je ne crois pas que ce soit une tare dès lors qu'il sait aussi se rassembler. Rien de plus ennuyeux, de plus monotone que ce que l'on entend ici ou là, quand il n'y a que des querelles personnelles, mais c'est en réalité l'uniformité de la défense d'intérêt supérieur du Sénégal. Enfin, faites comme vous l'entendez. Je voulais juste à travers cette lettre, vous dire à quel point vous avez compris.

Chers organisateurs, réussissez dans vos travaux. Réussir, qu'est-ce que cela veut dire ? Vous n'allez pas d'un coup reconquérir tous les cœurs, mais n'oubliez pas que vous en avez gagnés beaucoup. La vie, comme le combat politique, est faite de méandres. C'est le mouvement même de la vie. J'ai le sentiment que le Président Amadou Mactar MBOW, vers qui vont tous mes vœux, a dit ce qu'il fallait dire. Je l'ai lu par chance, parce qu'il fallait avoir l'œil sur le net - déclarer " à la date fixée avec ou sans l'État on ira aux assises".

Alors, à travers cette lettre je vous souhaite bonne chance et cette chance, elle ne tombera pas du ciel. C'est vous qui la forgerez avec vos convictions. Il faudra donc prendre les quatre Cons et laisser à Farba SENGHOR le cinquième Con, soyez conscients, convaincus, conséquents et compétents. Rien ne vous sera épargné. Certains d'entre vous vont quitté la barque par peur de représailles.

Mais, vous, vous pouvez dés maintenant mesurer la somme d'injustices qu'il faudra supporter, si l'on parvient à porter haut ce flambeau. Il faut le savoir : rien ne vous sera épargné et je ne peux pas dire que je sois le plus à l'abri.

Je vous souhaite au bout de vos travaux une pleine réussite, et souhaite à l'équipe dirigeante qui va se constituer de savoir maintenir son unité dans sa diversité, cela va de soi. Cela ne peut pas être autrement chez l'opposition, mais au moins son unité pour un même combat, pour une même victoire qui ne sera pas uniquement la vôtre, qui sera celle du peuple Sénégalais, qui sera aussi celle des classes et des groupes sociaux dont vous êtes les interprètes et qui sans vous seront sans doute abandonnés. Abandonnés à toutes les luttes d'intérêts, abandonnés à toutes les colères de ceux qui ont eu peur.
Votre devoir est de rester présent et fidèle.

Idrissa Ben SENE


 

Par Bensen
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Jeudi 2 août 2007

« Je hais ces mensonges qui nous ont fait tant de mal »
Philippe PETAIN

Nous voilà entrés de plain-pied, sans qu’il n’y paraisse, dans l’ère du moralisme libertaire. Il autorise le vol, le mensonge, et le reniement à tout moment. Il arrive à tout justifier, ou à peu près tout, par l’impératif national et le conditionnel patriotique. Avec une prouesse remarquable, les intérêts d’un parti deviennent ceux d’un pays, et les intérêts de deux hommes, ceux de onze millions d’individus. Je ne crois pas que les dizaines de « rewmistes » comprennent quelque chose à ce qu’on leur a fait faire en début de semaine. Ils ont été des soldats obéissants. Arrêtez la guerre, et ils arrêtent la guerre. Mais c’est la qualité première d’un militant : la discipline.


Je me suis toujours intéressé à la structuration de ce parti, qui fonctionne jusqu’ici dans une parfaite illégalité, avec des statuts qui changent toutes les semaines. Il faut observer que dans sa devise « avoir, savoir, pouvoir », l’avoir vient avant tout le reste. Son chef lui-même, s’est lancé dans une course effrénée pour les deux premiers termes, condition nécessaire à la conquête et à l’exercice du pouvoir. Il a clairement dit à Mamadou Oumar Ndiaye du temps de Sopi, dans un entretien resté mémorable, qu’il lui fallait des moyens financiers subséquents et une capacité intellectuelle conséquente. Qu’il ait acquis le premier ne fait aucun doute. Le second est plus qu’hypothétique, je le confesse. C’est aussi une bonne façon de percevoir à quel point un parti peut s’identifier à son chef.
Le problème avec Idrissa Seck, c’est d’avoir fait de la recherche effrénée de l’argent, non pas un conditionnel à la conquête du pouvoir, mais un impératif à sa propre survie. Il m’a confié, au début de l’alternance, alors qu’ils venaient de prendre le pouvoir, que s’il n’avait pas 6 milliards, il ne s’engagerait pas aux élections. Il n’avait pas dit 6 milliards volés, il avait dit 6 milliards. L’argent devait donc déterminer tout le reste. Il partage avec Abdoulaye Wade ce goût prononcé pour les pécunes. Leur problème est donc centré, non pas sur la question de la gestion du pouvoir, mais sur la gestion des pactoles qu’ils recevaient des « généreux donateurs arabes ». Idrissa Seck s’est confié à un Directeur de la publication d’un quotidien indépendant de la place, au début de sa brouille avec le président de la République. « J’ai mis de l’argent de côté, mais c’est lui qui m’a demandé de le faire. Il m’a demandé si je mettais de l’argent de côté, j’ai dit non. Il m’a dit que c’est maintenant qu’il faut le faire, c’est maintenant qu’il faut préparer 2012 ». Evidemment, ce que Wade ne savait pas, c’est que son adjoint préparait… 2007.


Idrissa Seck n’est pas allé voir Abdoulaye Wade avant la présidentielle, par souci de rassemblement. Il l’a fait par nécessité. Quand le président de la République a fait arrêter son convoyeur de fonds, Vieux Sandiery Diop et son principal bailleur Bara Tall, il ne lui restait que la reddition en position accroupi. Il faut saluer le courage et la loyauté de l’entrepreneur, donneur de « paquets de sucre ». C’était leur nom de code. Quand Wade l’a appelé, pour se plaindre de le voir dépanner Idrissa Seck, il lui a répondu « c’est mon argent, j’en fais ce que je veux ». C’est la raison de son emprisonnement. Si Seck avait la garantie des finances, il les aurait laissé moisir en prison, sans état d’âme. Il est allé se donner à Wade, parce qu’il ne pouvait pas tenir financièrement. Il a encore changé d’avis, après avoir obtenu son soutien financier, c’est indéniable. C’est la raison de la grosse colère du président de la République, et il a raison quand il dit à Oumar Sarr et sa bande qu’ils n’ont rien compris. Il n’y a pas d’autre explication à sa seconde reddition. Il était tellement certain d’avoir trahi le président de la République, qu’il croyait sa fin proche, quand Wade a gagné la présidentielle. C’est ce qui explique son empressement à le féliciter, tout en boycottant (comble de l’illogisme) les législatives. Il ne lui restait plus qu’à trouver un moyen de fuir le pays, pour se réfugier en France. La date de son départ, il ne l’a pas choisie au hasard. C’est un 5 avril. Il a dit, dans sa peur presqu’irrationnelle de la prison, « je vais partir à cette date, parce qu’avec tous les chefs d’Etat qui viennent participer à la fête, Abdoulaye Wade n’osera pas m’arrêter ». Un an auparavant, il lui a fait le même coup, en lui balançant une déclaration de candidature en pleines festivités du 04 avril. En réalité, c’est ce qui a toujours déterminé l’agenda d’Idrissa Seck, depuis sa sortie de prison. Il choisit des mois comme le ramadan, le 4 avril, la korité, pour faire ses forfaits, en s’assurant de neutraliser son bourreau, par ces dates « bénies ». Au fond, c’est le président de la République qui s’est fait avoir deux fois, dans cette querelle de mafieux. « Libère-moi, on va se partager les fonds », et il disparait. Quand Wade bloque tous les comptes en Europe, il revient, « donne-moi un peu de sous, je vais calmer mes militants pour te soutenir », et il présente sa candidature à la présidentielle !
Ce qui fait mal, c’est le nombre de familles déchirées, le nombre de carrières sacrifiées par les turpitudes de cet homme loquace. Il fait croire qu’il est inutile de croire, qu’il est inutile d’espérer, que le mensonge est une vertu, que finalement, personne n’est fiable. C’est ce seckticisme politique qu’il faut combattre, parce qu’il conduit à un nihilisme social. Nous ne pouvons pas continuer à enseigner aux enfants de ce pays que la fin justifie toujours les moyens, que tous les politiciens sont menteurs et roublards, quand ils n’y ajoutent pas la bouffonnerie. C’est inadmissible, quelle que soit la raison qu’on puisse invoquer. Je disais à un ami commun, bien gentil de me transmettre ses salutations, que finalement, Idrissa Seck est un Abdoulaye Wade en plus jeune. Ce qu’Abdoulaye Wade a de mieux, c’est qu’il ne nous ment pas. Disons que, quand il nous ment, nous savons qu’il nous ment. Idrissa Seck a la jeunesse en plus, le coran pour nous endormir. J’étais en train de réfléchir à nouveau à la façon dont certains membres de son entourage se sont enrichis. Pas tous, évidemment. Tous les gens dignes qui l’ont entouré sont restés pauvres. Mais ceux qui sont venus de Thiès en mobylettes n’ont pas construit leurs villas de 300 millions aux Almadies avec de l’argent gagné, excusez-moi.
Finalement, nous devons remercier Dieu de nous avoir sauvés de cet homme. Il fait ressurgir des préjugés tenaces sur sa condition. Il a dit tant de mal de Wade… Et maintenant, il envoie tous ceux qui l’ont soutenu se soumettre sans condition. Quelle ignominie ! Il faut comprendre la sortie du président de la République contre Oumar Sarr. C’est Idrissa Seck qui lui a dit tout ce qu’il a sorti contre son porte-parole, c’est lui Idrissa Seck qui se jouait de tous, et qui pense qu’il est le seul que la nature ait fait avec 300 grammes de cervelle. Il était mort avant la présidentielle, il vient de mourir une seconde fois. J’étais étonné de voir, pendant que les deux finalisaient leurs négociations, le radicalisme de Rewmi dans le cadre du Front Siggil Sénégal. Oumar Sarr tirait sur le fils du président de la République, pendant que son mentor lui parait ses canines dorées. Quand il a fallu rejoindre Abdoulaye Wade, il a proprement sabordé le front de l’opposition, comme il avait fait avec Ousmane Tanor Dieng et Abdoulaye Bathily.
Depuis une semaine, des amis communs intercèdent en faveur de ce nouveau reniement. Ils assurent que, malgré tout, je pourrai visiter le pays sans être inquiété. Il prendra le pouvoir, ou le pouvoir le prendra. Il se paiera la tête de tous ses ennemis, pour consommer tranquillement sa « fortune » amassée. Mais où est la morale dans tout ça ? Il retournera au pouvoir sans son âme. Il l’a déjà vendue.


Souleymane Jules Diop Jeudi 2 Août 2007
Par Souleymane Jules Diop
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Vendredi 27 juillet 2007
Je précise d'abord que je n'ai jamais été politique ni millitant et ne suis d'aucun parti, d'aucune organisation politique, d'aucune mouvance, d'aucun mouvement de soutien. Aucune dépendance alimentaire, intellectuelle, ou autre. Je ne m'intéresse pas aux hommes, mais aux valeurs, aux principes, aux convictions, à la foi, ....

Nous avons suivi avec lucidité les évènements depuis 2004. Vous et d'autres avez enduré avec courage et résistance une campagne qui était menée contre vous-même. La prison était réelle, les accusations également, les autres emprisonnement, le harcèlement, la traque, les parodies de justice, etc.., tout était réel, jusqu'à preuve du contraire. Le contraire serait d'ailleurs surréaliste. Tout ce que je vais dire par la suite n'enlève en rien le respect que vous avez suscité en moi et en d'autres pour le courage et la constance dont vous aviez fait montre jusque là.

Il se dit des choses dans la presse. Wade a un peu précédé la presse en annonçant, encore, la venue de son "ex-futur-ex-futur fils", tellement l'on s'y perd, comme dans tout avec un versatile tel que Wade

Votre volte-face d'avant les élections présidentielles a été mise par certains sur le coup de votre volonté de vouloir épargner à vos amis et hommes de confiance les supplices que le système wadien était en train de leurs infliger pour vous atteindre, je fais référence à vos gardes du corps (les Vieux Sandjéry et autres), votre jeune informaticien, votre ami Bara Tall, votre notaire Nafissatou, votre conseiller fiduciaire ITO, etc...., des hommes et des femmes connus pour être respectables et pour avoir affronté dignement les épreuves auxquelles ils ont été soumis.

Il faut que vous et Wade compreniez quelque chose. Wade vient de dire à Oumar Sarr que vos militants sont ses militants car ce sont aussi des mécontents comme les députés frondeurs.
NON. Un observateur libre et lucide ou un citoyen qui fréquente les foules vous dirait de suite qu'il se trompe royalement. Et si vous aussi pensez la même chose, vous vous trompez autant. La très grande majorité des sénégalais qui vous ont suivi ou qui ont voté pour vous (malgré les fraudes et autres) sont en fait parmi les plus radicaux contre le régime wadien. Si ils vous ont suivi ou ont adhéré à votre appel du 4 avril et autres réquisitoires anti-wade, c'est parce que pour eux vous étiez le plus hostile, le plus radical et le plus dangereux contre le régime wadien. Il ne faut pas que vous commettiez l'erreur de penser que ce sont de fidèles toutous (comme ceux du PDS) qui vous suivraient où que vous alliez, quoi que vous fassiez, bien au contraire, vous ou un autre d'ailleurs.

Ceux qui vous trouvaient des circonstances atténuantes, croyaient en votre refus du système wadien tel qu'il est devenu étaient même prêt à s'accommoder avec un fils banni, ou plutôt qui s'est banni de ce système, convaincus que vous ne raterez pas tous ces minables et incompétents une fois au pouvoir.

Bien que vous n'ailliez toujours pas confirmé vous-même, de votre propre bouche votre réponse positive à l'appel de Wade à continuer l'alternoce-bis ensemble, vos lieutenants ont suffisamment édifié sur leur capacité, votre capacité à pouvoir trahir ces sénégalais qui ne vous avaient pas encore complètement tourné le dos en Février 2007 après les audiences bizarres. Rien que le fait qu'ils aient (que vous ailliez) pu envisager un retour chez le plus grand mal que le Sénégal puisse porter, celui qui n'a fait que briser les valeurs essentielles à une nation respectable, celui qui n'a fait que promouvoir l'incompétence et la génuflexion, celui qui est coupable de tout ce que vous avez si bien dénoncé ces deux dernières années, rien que cela est une pure trahison et une marque de versatilité, une marque déposée du wadisme. Si vous veniez à confirmer vos lieutenants, alors effectivement vous êtes bien trop marqués par le Wadisme comme le disait si bien votre "père" Ablaye. Le Wadisme n'a rien à envier aux pires formes de cleptomanie et de mythomanie. Si vous infirmez, ce qui semble t-il ne sera pas le cas, alors il faudra virer presque tous vos cadres qui se sont exprimés jusque là.

Si les prévisions d'évènements se confirment, si les médias n'avaient pas tort, alors, très honnêtement, c'est quelqu'un qui a l'esprit très ouvert et prudent dans ses prises de position qui vous dit que vous ne vaudrez alors certainement pas plus que Djibo Ka ou Ousmane Ngom ou Iba Der ou un autre, la tortuosité tant reprochée à certains n'aurait pas non plus de secret pour vous. Vous serez alors vous tous (PDS, génération du con-crée, néo-PDS, ce qui reste de Rewmi) de cette même race dont Pape Diouf (pourtant de Rewmi) disait qu'elle vient après celle des crapauds.

Il ne sera pas nécessaire de faire croire à qui que ce soit, comme j'ai déjà eu à l'entendre ça et là, que cela entre dans le cadre d'une pseudo stratégie de neutralisation de je ne sais qui ou je ne sais quoi depuis l'intérieur du système wadien, cela est bon pour les films de série B ou les vieux romans policières. Peu importe votre volonté réelle, la méthode choisie, le moment, le camp, etc..., ne laissent plus aucune place à des questionnements ou des réflexions à ne plus finir, vous serez traité comme cette même race. Et cela voudrait aussi dire que vos sourates n'auraient été qu'un instrument aux mains d'un démon. Qu'Allah (SWT) nous préserve de telles créatures.

Même si par acquis de conscience je n'avais personnellement pas voté pour vous en février (j'ai longtemps hésité entre Niasse et Bathily), d'abord du fait du comportement douteux que vous avez eu avant les présidentielles et d'autres raisons inutiles d'étaler, j'aimerais quand même les évènements à venir me fassent dire que je me suis avancé trop vite dans mon message car j'estime qu'aucun bras n'est de trop dans le combat que le peuple sénégalais libre et indépendant mène contre cette pourriture de système que Wade a installé pour détruire ce Sénégal et transformer les sénégalais en un petit troupeau de singes qu'il manipule à sa guise. Le Sénégal n'est pas le PDS.

J'ai (et peut-être d'autres comme moi) toujours ménagé tous ceux qui nous (sénégalais libres) prêtaient un bras, une main, un pied dans cette lutte pour l'éradication du Wadisme (= cleptomanie et mythomanie) et continuerai à le faire. On ne peut vouloir une chose et son contraire, on ne peut se divertir à se battre contre quelqu'un qui tire sur la même cible que nous, sinon la cible n'en serait que plus contente et restera encore plus longtemps debout.

Mais à contrario, quiconque choisit le camp de ces ennemis du Sénégal doit et sera traité en ennemi du Sénégal. Alors tenez le vous pour dit, à vous Monsieur Seck, et à ce qu'il vous restera comme militants ou supporters, après avoir rejoint la bande. Nous n'avons aucun ami hormis le Sénégal. Le système Wade reste l'ennemi principal à éradiquer de ce pays et de tout pays jusqu'où il a pu étendre ses tentacules en discréditant l'image du sénégalais.

Mais une fois encore, peut-être parlons-nous trop vite. Alors à vous la parole. Mais l'on ne s'arrêtera pas à l'attendre car Wade, son système et ses crapauds sont toujours debout et dangereusement actifs.


Bensen
Par BenSen
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Lundi 21 mai 2007

Au Sénégal on assiste à une privatisation de l'Etat à des fins personnelles. Le Sénat serait-il un instrument, parmi d'autres, de cette privatisation ? Les luttes sur des privilèges et des postes indiquent qu'il en est ainsi tant elles s'inscrivent loin des préoccupations des citoyens.

Historiquement, il apparaît que les Sénats appelés secondes chambre sont toujours créées lors des périodes historiques de transition, dans le but de réfréner des élans démocratiques trop forts et dans un contexte où le consensus national est réprimé ou fait défaut. Cette fois-ci, il semble que la création du Sénat par la  Constitution de WADE vise à refuser le transfert d'une souveraineté appartenant depuis longtemps à l’assemblée Nationale. Elle ne semble avoir aucun rapport à la démocratie. Selon mon observatoire, la création d'un Sénat qui regrouperait des sages doit permettre de tempérer les changements sociaux et politiques brusques. Le Sénat serait dans son esprit le moyen de rendre la transition plus lente et donc plus aisée. En effet, une seconde chambre rassure, ou ménage les élites politiques déchues aux yeux de la population, et qui, à défaut d'une élection au suffrage du peuple se voient ainsi « désignées » ou directement élues pour continuer à bénéficier de leurs privilèges. Cependant, le principe de vouloir préparer sa succession au sommet de l’état, ainsi que les luttes actuelles pour la succession finiront par entacher le Sénat d'un vice incontestable au regard de la démocratie.

L'histoire institutionnelle de la France qui est notre référence confirme, en tout cas, cette logique. Lors du passage de l'absolutisme monarchique à l'Etat républicain  les secondes chambres avaient de la sorte contribué à la transition pour rendre plus acceptable le déclin politique de l'aristocratie, car plus progressif. La Troisième République qui fut un compromis entre monarchistes et républicains ne doit son existence, indéniablement, qu'à l'accord approuvé sur le Sénat. C'est ainsi que l'évolution vers un Etat plus démocratique est passée, plus tard et de façon transitoire, par l'affaiblissement des secondes chambres.

La seconde chambre vise donc à modérer des élans démocratiques qui, à tort ou à raison, font peur à une élite sans racines populaires. Les élites, bousculées par le risque de perdre la majorité à l’assemblée Nationale, subordonnent leur adhésion à l'existence de ce contrepoids institutionnel. Les militants évacuées lors d'élection se voient ainsi siéger dans un Sénat pour dire la loi « au nom du peuple ». Mais l'histoire enseigne, également, que la deuxième chambre ne peut résister longtemps à la poussée inexorable de la démocratie. Les institutions historiquement conçues pour réfréner les « excès » démocratiques du peuple, c'est-à-dire les secondes chambres contemporaines, présentent des caractères peu démocratiques. Elles peuvent être difficilement tolérées dans une époque où la démocratie et la liberté sont les idéaux de la population.

Dans notre cas, la majorité des membres du Sénat,  nommé, se qualifient comme appartenant à la majorité présidentielle et se croient détenteurs d'une légitimité exclusive qui s'apparente à celle d'une monarchie.

Au Sénégal, le Sénat qui n’a pas d'ancrage social mais plutôt politique est dépourvu d'une vision démocratique et d'un programme autre que celui de s'assurer un monopole clanique sur des privilèges personnels.  Le Sénat  dans sa conception n’aura  que deux solutions devant lui, conduisant toutes deux à son décès à plus ou moins brève échéance : l'opposition sans concession au présidentialisme qui a l'avantage de garder l'équilibre du système ou la mue en un autre organe d'assimilation à l'Assemblée Nationale. Sera-t-il tenté par la première alternative ? Va-t-il négocier âprement son statut ? Ses membres vont-ils s'unir pour sauver leur « institution » ou, enfin, chaque « sénateur » négociera tout seul son mandat. Les luttes ont commencé.

Créer le Sénat c'est surtout, protéger le régime contre la démocratie. Il ne faudra pas s'étonner donc d'entendre demain que le Président de la république se trouve dans l’incapacité à exercer son mandat par conséquent, il est remplacé par le Président du Sénat. Ils sont souvent critiquées pour déficit démocratique et peuvent servir de refuge aux politiques sur le déclin et que le suffrage direct ne permettraient pas ou plus de distinguer. Créer cette institution peut sembler n'être qu'un facteur de complexité institutionnelle et impliquerait, en outre, des contraintes budgétaires très lourdes pour un Etat comme le Sénégal.

A défaut, l'émergence du Conseil constitutionnel dont la tache est de contrôler les lois règle une  partie du problème. Le Conseil constitutionnel  exerce à la demande du président de la République, ou celle de l’assemblée nationale, un ultime contrôle sur la loi, que ce soit a priori ou après promulgation. Certes, il ne s'agit théoriquement que d'un contrôle juridique de conformité avec les normes supérieures. Le Conseil constitutionnel n'a pas de vocation « partisane » en principe, il est fréquent qu'il censure au moins partiellement une loi, qui avait passé l'obstacle de l’assemblée nationale. Mais depuis la prestation de serment du Président,  il pèse sur le Conseil constitutionnel  des soupçons de partialité ce qui pose, à l'évidence, d'autres questions.

Un sénat est-ce utile pour le Sénégal ?   Répondez à la question sur le Forom

Idrissa Ben SENE

 
Par BenSen
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Vendredi 11 mai 2007

Pour la création d'un mouvement patriote Sénégalais.
Un mouvement pour une alternative politique de l’opposition. Ce texte est un support pour appeler les patriotes Sénégalais à participer activement à la vie politique, à la consolidation des acquis démocratiques et au respect de la loi fondamentale dans notre cher pays. Toute action ou réaction constructive est prise en compte et le tout sera rediscuté dans le cadre du congrès national patriote sur le forum du blog Bensen.com.
Vous êtes appelés à lire attentivement le texte, à en discuter sur le forum et surtout à préparer minutieusement vos interventions et de nous les envoyer par courrier électronique au blogbensen@yahoo.fr, nous allons créer un site web que nous appellerons « DIOUB KHOTH » Vous êtes également appelés à nous communiquer vos adresses de courriels si vous voulez être membre fondateur du mouvement.
La politique politicienne ne nous convient plus, les politiques menées ne répondent plus à nos attentes.
La politique du PDS désespère les Sénégalais patriotes, elle ouvre la voie au rejet de la démocratie et a l’instauration de la prostitution politique. Elle calque en effet obstinément sur un libéralisme effréné, qui ne profite qu'aux personnes indignes.
Nous sommes critiques quant à ce qui se fait ou ne se fait pas, mais nous n'avons ni l'espace pour le dire, ni le mouvement patriote nécessaire pour construire des alternatives dignes d’un Sénégal pour tous. Il y a trop longtemps qu'on a cessé d'écouter ce que nous avions à dire. On le voit dans tout le pays, la politique devient de plus en plus incompréhensible, inaccessible, sinon inutile et injuste pour nombre d'électeurs de la diaspora.
Il est donc temps pour nous de sortir de nos salons et de descendre dans l'arène politique pour faire une autre politique vraiment plus saine et basée sur un débat d’idée. Nous, initiateurs de ce mouvement, nous voulons affirmer qu'il est possible de créer une résistance positive à la politique politicienne. Nous proclamons qu'une autre façon de faire la politique est possible et qu'il y a d'autres priorités que de rémunérer les transhumants et les hypocrites. Nous soutenons qu'il faut résister au recul de la dignité et à la précarisation généralisée, qu'il est possible de trouver des solutions aux problèmes de logement, d'emploi, et de réussite sans pour autant vendre sa dignité. Voici en substance le message que ce mouvement patriote pour une autre politique d’idée cherchera à délivrer, et ce message sera soutenu par les centaines, les milliers de participants venus chercher et construire tous ensemble l'espoir de voir naître une authentique force patriote...
Notre action est bien étudiée, elle est la résultante de notre raz le bol, de voir la manipulation de la constitution à tout bout de champs pour résoudre un problème politique et de l’urgence d’agir des Sénégalais de la diaspora, elle est naît suite à plusieurs constats. Constats d’échecs répétitifs de l’opposition officielle de toute tentative de rassemblement, au constat de la stagnation de la vie politique et du manque de courage de ses leaders. De la généralisation de l’oppression et de la corruption, au constat de l’absence totale d’une action nationale pouvant déstabiliser le système autoritaire et arrogant en place, un mouvement émanant du ras-le-bol des sénégalais patriotes, s’est vu naître des décombres de l’inefficacité et de l’inaction de l’opposition et s’est vue envelopper d’une volonté et d’une détermination grandissante.
Après constat, une décision de mise en place de ce mouvement a été pris, celle-là consiste en une tentative de rassembler l’ensemble des citoyens et citoyennes patriotes Sénégalais et tous les représentants de la société civile dans le cadre d’une action nationale et internationale visant la mobilisation et la sensibilisation du plus grand nombre de Sénégalais à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
Ce projet, qui paraissait encore utopique pour beaucoup, prend son envol.
Ce n'est pas un hasard si le mouvement travaille aujourd'hui : il est le relais d'une aspiration qui vient de loin. Les Sénégalais patriotes et ceux de la diaspora ont décidé de tout mettre en commun pour créer une force à l'échelle internationale. Pourquoi ? Tout simplement parce que, les problèmes de nos concitoyens sont les mêmes partout à travers le monde. Nous lançons un appel à toutes celles et à tous ceux qui pensent qu'une autre force est nécessaire : citoyens et citoyennes du pays et de la diaspora, syndicalistes, féministes, organisations de la société civile, mouvements, associations et partis, pour réaliser ensemble ce projet ouvert et auquel chaque participant contribuera. Votre inscription est plus que nécessaire, peu importent les détails de votre utopie personnelle, vos compétences, votre profession ou votre âge, ainsi, nous partagerons nos connaissances et notre volonté de changer les méthodes.
Un blog est prévu pour permettre à chacun de s'inscrire dans le mouvement. Nous voulons préparer la riposte du patriotisme et de la volonté à ceux qui cultivent la résignation, dans un monde où prévalent les égoïsmes et la rapacité.
Une autre politique d’idée est possible, une autre politique patriote est nécessaire. !


Mr SENE Idrissa Secrétaire Général du MPS
Le comité Exécutif du mouvement patriote Sénégalais

Par Pour la création d'un mouvement patriote Sénégalais.
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Mardi 10 avril 2007

Dans un Etat de droit, synonyme de l’exercice démocratique du pouvoir politique, les élections sont une technique procédurale dont l’ultime objectif consiste à doter l’élite promue d’une souveraineté légitime. Tous les constitutionnalistes du monde s’y accordent. Mieux encore, ils déduisent des élections truquées les germes puants d’une dictature qui se déguise. Le modèle Sénégalais est ici archétypique ; un véritable cas d’école pour tout régime politique dictatorial soucieux de son image de marque.

De DIOUF à WADE, le marketing politique du régime se jouait toujours sur fonds de prétentions modernisatrices avec tous leur cortège de : démocratie, droits de l’homme, constitutionnalisme ... etc.

Vu de cet angle, il serait donc différent des dictatures de type Sékou TOURE et Mugabé ou même de celui de Saddam Hussein. Avec toutes les similitudes que l’on pourrait identifier, je me contenterais de repérer une différence aussi importante que distinctive: Dans ces derniers modèles tyranniques, l’on s’en fout de son image sur la scène internationale. Que les victimes se comptent par centaines ou par milliers cela ne dissuaderait jamais le Président ni le contraindra à reculer d’un iota sur ses choix politiques.

D’aucuns ne pourraient y prétendre le cas au Sénégal.

La réalité d’un régime autoritaire, oppressif et corrompu, ne devrait pas dissimuler sa nature hypocrite et extrêmement dépendante de l'argent. Cela a pu se vérifier à maintes reprises : Des pourparlers avec l'opposition autour de la lois sur le code électoral au soit disant création du CENA.  Certes les acquis sont momentanément conservés. Toutefois, ce qui est obtenu aujourd’hui pourrait se voir exproprier le lendemain. Une véritable marrée de flux et de reflux qui tend à s’éterniser pour caractériser toute notre histoire moderne et en faire une « spécificité Sénégalaise ». Il s’ensuit q’au-delà d’une autoritarisme constante, l’appréhension de l’action politique officielle dans son mouvement permet de dégager un constat :

Le régime de WADE ne recule point ni devant la persévérance ni devant l’obstination de ses adversaires. il ne cède jamais, il finit par tourner le dos. 

Ceci étant, il incombe à l’opposition représentative de tirer au maximum profit de ce boycott  afin de mieux rythmer sa marche vers une République authentique. Quelle que soit la nature de la lutte boycott ou manifestation, la différence doit se concevoir dans la complémentarité et nullement dans la contradiction.

Seule ligne de démarcation entre les différents acteurs pour la cause de la démocratie : Il ne faut jamais cautionner une politique d'autoritarisme quelles que soient ses « réalisations », car elle cherche en réalité à substituer une mise en scène électorale à une légitimité politique.

Par Idrissa Ben SENE
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Samedi 7 avril 2007

Sans surprise, les partis significatifs de l’opposition ne participeront pas aux élections législatives du 3 juin prochain. Aucun d’entre eux ne s’est présenté hier, vendredi 6 avril, au ministère de l’intérieur, délai de rigueur pour le dépôt des listes des candidats à la députation. Toutefois des partis connus du landernau politique, à l’image du Jëf-Jël de Talla Sylla, feront partie de la course.


On était loin de l’ambiance de décembre dernier lorsque les candidats au scrutin législatif reporté par la suite, étaient venus en masse déposer leurs listes de candidature.

C’est un calme plat qui règne au ministère de l’Intérieur à moins de 30mn de la date limite de dépôt des listes de candidature pour les élections législatives du 3 juin prochain. Les représentants de partis se font désirer. A 15mn de l’heure fatidique, seuls trois partis ont légalement déposé leurs listes. Il s’agit de l’Alliance Jëf-jël de Talla Sylla, le Mouvement pour la République , la démocratie et le socialisme (Mrds), le Rassemblement des écologistes du Sénégal (Res). D’autres partis comme le Front pour le socialisme et la démocratie/Benno jubbel (Fsd/Bj) et le Rassemblement pour le peuple (Rp), la Convergence pour le renouveau et la citoyenneté (Cnc) attentent d’être enregistrés par la commission créée à cet effet. Mais, l’ambiance n’a rien à voir avec celle décembre dernier où on avait noté, à la même heure, une forte affluence , à la place Washington.

La salle où la commission est installée ne grouille pas de monde, encore moins le couloir où les journalistes font le pied de grue. Le boycott des 12 partis de l’opposition y est peut être pour quelque chose. Le Parti socialiste (Ps), L’Alliance des forces de progrès (Afp), le Parti de l’indépendance et du travail (Pit), le Rassemblement national démocratique (Rnd), La Ligue démocratique/Mouvement pour le parti et le travail (Ld/Mpt), le Rewmi de Idrissa Seck qui, pour la plupart , ont une tradition électorale, ont boudé pour « non fiabilité du fichier électoral ». Cela s’est durement ressenti dans l’ambiance de soirée électorale. Pape Sarr du quotidien « Le Populaire » fait partie des journaliste qui avaient couvert le dépôt des listes de candidature pour les élections législatives du 25 février dernier reportées sine die. En comparant les deux événements, il a estimé qu’il n’y a pas une grande affluence par rapport au rendez-vous du 17 décembre dernier. « L’ambiance est morose », a-t-il fait remarquer. Pape Sarr est d’avis que « le boycott a eu un impact considérable lors du dépôt des listes ». En se projetant sur l’avenir, il se demande si « cela ne va pas se refléter sur la campagne électorale et l’issue du scrutin ? ».

La composition de la délégation de la coalition Sopi comparativement à l’autre qui était dirigée par le tête de liste et Premier ministre, Macky Sall, offre une grille de lecture. Celle-ci est composée de trois ministres dont, le monsieur des élections du Parti démocratique sénégalais (Pds), Omar Sarr, Alioune Sow et le directeur des structures, Ousmane Masseck Ndiaye.

13 CONTRE 17

C’est juste avant minuit, l’heure à laquelle le ministre de l’Intérieur ferme la porte que tous les partis et coalitions désireux de participer aux élections législatives sont arrivés à la place Washington. Au total 13 à 14 entités politiques contre 17 la dernière fois se sont faites enregistrées pour prendre part aux consultations électorales du 3 juin prochain. And-jëf/Parti africain pour la démocratie et le socialiste (Aj/Pads) est revenu dans cette course vers l’Assemblée nationale sous la bannière de la coalition « And défar Sénégal ». La coalition Takku Défarat Sénégal (Tds) du maire de Ziguinchor, Robert Sagna est revenue, mais émiettée. Le Parti socialiste authentique (Psa) dirigé par le maire de Tamba, Souty Touré est né de ses flancs. Mamadou Lamine Diallo qui a participé à la présidentielle a pu postuler pour les législatives avec le Mouvement Tekki. L’universitaire, El Hadji Momar Samb du Rta’S a, cette fois réussi à réunir la caution lui permettant de prendre part aux élections législatives. Il va conduire la liste « Farniente ». Des formations ou coalitions politiques inconnues du landerneau politique sénégalais ont fait leur apparition hier au ministère de l’Intérieur. Le secrétaire général du Rassemblement patriotique sénégalais (Rps), Ely Madiodio Fall sera dans la course avec le Mouvement des travailleurs panafricains du Sénégal, tandis que le responsable du syndicat des transporteurs de la Cnts , Alassane Ndoye va piloter la liste indépendante « Deggo dieum thieu kanam ».

Par Ibrahima Lissa FAYE  Sud Quotidien

Par BENSEN
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Vendredi 6 avril 2007
 
Monsieur le Président,
Avec tout le respect que je dois à l'institution que vous incarner, je vous demanderais un peu d’attention.
D’avance veuillez recevoir mes excuses les plus plates.
 
Monsieur le Président,
Je vous écris cette lettre avec une chose à l’esprit : j’avais, pendant de longues années, estimé que votre attachement à la démocratie était plus fort que votre amour pour le pouvoir. Aujourd’hui, après sept ans de règne, je doute de votre dévotion à notre idéologie commune, celle que vous avez toujours incarné. Je vous adresse cette requête pour vous interpeller sur les risques de destruction sociale auxquels votre soif de faire payer à des Sénégalais le prix de leur opposition. En le faisant, je compte également prendre à témoins nos compatriotes épris de droit et de justice.

Président, je vous fais part de ma grande indignation face à vos déclarations concernant la reprise des poursuites judiciaires contre tes adversaires politiques, comprenez ma position Je suis Sénégalais, j'aime mon pays, j’aime la démocratie et je vous admire.
Depuis votre accession à la magistrature suprême, votre entourage et vous-même ne cessez de désigner des adversaires, voire des ennemis. Vous êtes, en permanence, dans une logique d’affrontement, en vous fabriquant, en fonction des contingences du moment, des boucs émissaires. La vibration que vous créez et dégagez de cette manière est négative. Elle est construite sur la réaction plutôt que l’action. Elle implique une posture de défensive et n’appelle aucunement la définition d’une approche proactive en termes de bonne gouvernance.
Monsieur le Président, les Sénégalais vous ont donné un second mandat, pour rassembler tout le monde et travailler d’avantage pour combattre la violence, la corruption, l'injustice, en un mot l'anarchie institutionnelle. Mais non, à peine élu, vous commencez votre mandat par des menaces de poursuites judiciaires, laissant avancer la dictature en lieu et place de la démocratie.
 
Président, ne le prenez pas comme une offense, mais moi aussi je crois en la démocratie, je crois en la république, la vraie car c’est le rêve d'un citoyen.
Notre pays monsieur le Président serait en paix avec elle-même que si, vous entrevoyez de sauvegarde l’unité nationale comme une valeur cardinale au-dessus de toute autre considération politique.

Excellence, ne pensez point qu’à votre maintien au poste de président de la République et au confort douillet qui s’y rattache. Ceci vous amène à prendre des positions maximalistes, ce qui nous éloigne de toute lueur d’espoir quant à une démocratie véritable. La logique de confiscation du pouvoir par votre famille dans laquelle vous voulez engagé notre pays à travers l’intronisation de votre fils aboutira au pourrissement de notre nation avec, en prime, la déstructuration du tissu social, l’annihilation des valeurs morales.
 
Monsieur le Président, la corruption, le chômage, et la précarité ont engendré la violence et les inégalités. La Discrimination politique, à l’embauche, à l’emploi, a provoqué la fuite des cerveaux sans avenir et sans espoir.
 
Monsieur le Président,
Dans les mentalités, la troisième république vient de naître, les Sénégalais ont compris. Cette troisième république attend vos actions dans beaucoup de domaines.
Malheureusement, votre gouvernement pléthorique risque de plonger le pays dans le chaos économique, incapable de discernement, incapable de vents nouveaux, vos ministres Monsieur le Président n'ont jamais proposé un projet de reforme ministériel ce qui prouve leur incapacité à concevoir et à imaginé.
Le peuple a besoin de solutions, non de mensonges.
Le pays a besoin d’un nouveau vent, celui de l’espoir, de la vertu, un vent plus tolérant.
Le peuple dans sa majorité ne veut pas d'école politicienne pour prétendre à un poste, mais plus d’égalité de chance et plus de partage en ses fils.
 
Monsieur le Président de la peur découle la haine, les luttes politiques sont loin
des valeurs républicaines.
 
Il est vrai que vos rapports avec les leaders politiques doivent épouser l’air du temps c’est vrai ! Mais aujourd’hui, ce qui nous préoccupe, c’est la mobilisation de toutes les forces vives de la nation pour développer notre pays. Si nous convenons que vous deviez dépoussiérer vos relations avec les leaders politiques, vous devez savoir que cela ne saurait se faire avec des menaces d’emprisonnement qui sont des principes et méthodes relevant d’une dictature étatique. Une telle exigence, aussi pertinente qu’elle soit, ne saurait vous servir de prétexte pour masquer vos faiblesses dans la gestion du pays au quelle votre parti est confronté.

L’Histoire ne se répète pas Monsieur le Président. La période des Kabila, Eyadema est révolue. Elle ne peut être recréée pour justifier a posteriori des intérêts politiques portant sur la confiscation du pouvoir d’Etat par une famille. Par ailleurs, vous ne rendez aucun service à vous-mêmes et à vos enfants. Vous devez, dans la dignité, sans complexe et sans vindicte, assumer votre histoire. Vous devez le faire en ayant à l’esprit le respect dû au peuple Sénégalais qui vous a élu. 

Dans le dialogue avec les chefs de partis et dans un élan d’ouverture, de tolérance et de partage, le Sénégal s’est construit, avec Senghor en s’appuyant, en grande partie, sur un programme d’éducation et de formation de sa jeunesse. Avec des ressources naturelles inexistantes, il a mis l’accent sur le développement de l’agriculture et des ressources humaines. L’éducation et la formation de la jeunesse avec, à l’arrivée, des cadres dans toutes les institutions internationales, voilà la voie du véritable combat, en lieu et place de menaces faites d’invectives vis-à-vis des opposants. 

On ne le dira jamais assez, le développement est d’abord mentale et porte sur un effort prenant pour objet le comportement des hommes pour créer, au sein de nos sociétés, un nouveau type de citoyens, qui s’assument pleinement, en étant conscients de leurs attributs intrinsèques, mais également de leurs limites. Un tel projet s’entreprend dans la durée et a pour enjeu la transformation des mentalités et de la structure sociale d’un pays.

Sur le plan politique, le Sénégal s’est essentiellement bâtie dans un esprit de compromis, en ayant pour boussole la recherche du consensus et pour levier la pratique du dialogue. Ce travail a été accompli progressivement à travers l’organisation de son corps social dans un effort de reconditionnement
socio-psychologique et dans sa quête permanente de régulation sociale.

Le Sénégal est un idéal qu’il faut sans cesse bâtir dans l’honnêteté, la transparence, l’altruisme et dans la paix et le respect des différences idéologiques.
 
 Monsieur le Président,

Ces quelques notes qui suivent sont les conseils (excusez-moi) des avis d’un fils à son Père. Un Père qui à un moment donné de l’Histoire politique de notre pays représentait pour moi un exemple de courage et de démocrate. Pourrais-je ne plus retrouver ces vertus en ce Père?
Je ne voulais pas faire mienne cette préoccupation. Je continuais de te faire confiance, convaincu que les calculs politiques ne peuvent entacher la blancheur de ta moralité et ton sens de la Justice. Mais plus le temps passait plus le doute s’installait en moi et inéluctablement la confiance et l’estime se dissipèrent pour faire place au dédain et au mépris. Je ne te fais plus confiance. Et avec moi des millions de jeunes Sénégalais pour qui vous étiez un symbole. Mais je continue de croire, peut être naïvement, que tu peux encore te ressaisir.
Le Sénégal que vous dirigez aujourd’hui est à la croisée des chemins. Il est profondément divisé parce qu’une partie substantielle de ses fils se reconnaît dans l’opposition, alors que des politiciens, dont toi, pour des raisons obscures ne veulent pas accepter cette situation. Vous manipulez la Justice et la population à cette fin. Il faut que vous cherchiez les raisons de leur opposition. Car le pouvoir est une équation ; gouverner c’est en résoudre les inconnues. C’est –à-dire prévoir et faire à temps les choses nécessaires pour qu’elles ne se fassent à contretemps. La sagesse, en politique, c’est de faire les révolutions avant qu'elles n’éclatent. C'est faire en sorte que chaque société accouche sans douleur de son héritière. Pour cela, cultiver la liberté et la justice. Les grands politiques sont les ingénieurs de l’Histoire. Ceux qui savent édifier les régimes à l’intérieur desquels les citoyens ont le sentiment d’être pleinement et d’avoir assez. Ceux qui savent inventer, greffer sur l’arbre de la tradition les branches nouvelles du progrès. Ceux qui savent garder la société clairvoyante et libre, respectueuse de ce qui a été et impatiente de ce qui sera. Ceux qui savent oser. En politique Monsieur le Président, le contraire du courage, ce n’est pas la peur, c’est le conformisme.

Le politique, à l’encontre du politicien, c’est celui qui a le sens du pouvoir efficace. C’est-à-dire de l’autorité, qui est une fonction et de la prudence qui est une vertu.
Le politique, c’est "le prudent", au sens où les Romains l’entendaient.
Celui qui a l’intelligence d'inspirer assez de confiance aux citoyens pour que son pouvoir ne devienne pas une tyrannie- car tout pouvoir porte en lui la tentation d’en abuser. Celui qui sait que la conscience du gouvernant est toujours menacée d’être pervertie par les conseils de l'ambition, les mirages de la vanité, l’habitude du mensonge et le vertige de la puissance. Celui qui a compris que la meilleure façon d'être un vrai maître, c'est d’être un bon serviteur, car l’homme politique le plus important dans un État, c’est le citoyen. Un citoyen dont il est sage de stimuler la participation maximale aux œuvres de la république. On sait que les gouvernements malhonnêtes sont le résultat des citoyens paresseux. Le politique, c’est aussi celui qui ne cesse de cultiver dans l'âme du peuple les idéaux nobles, conscient qu'en politique, il faut viser les sommets si on ne veut pas penser bas.

Le politique est un idéaliste pragmatique Monsieur le Président. C’est-à-dire un homme qui a des idées mais qui au lieu de les laisser se dégrader en idéologie, s’applique à les incarner dans le réel concret. Le politique est à la fois maître à penser et maître à agir. Il allie le regard froid de la lucidité à la ferveur stimulante de l'enthousiasme contrôlé. En pratique, il est conscient que la persistance à ne pas vouloir ajuster la stratégie et la tactique politiques aux mouvances de la réalité populaire et de la conjoncture générale est la voie royale vers l’échec permanent Monsieur le Président. Cher Père, gouverner, c’est ordonner. Dans les deux sens du mot : mettre de l’ordre et donner des ordres. C’est aussi coordonner. C’est-à-dire établir un ordre dynamique et fonctionner entre les éléments différents mais complémentaires de la société. Gouverner, c'est distinguer pour unir. Gouverner, c’est réconcilier monsieur le Président.
Cette lettre Monsieur le Président n'est que la pensée de million de Sénégalais.
 
 Veuillez agréer, monsieur le Président, l'assurance de mon profond respect.
Idrissa Ben SENE 
E. mail : idrissa.sene@yahoo.fr
 
 
 
Par BENSEN
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