Un avis au service de la nation
Cette hypothèse
de candidature unique en 2012 s’apparente à une unité en action de l’opposition. L’union dans la
diversité telle que prônée actuellement dans l’opposition et qui consiste à désigner un candidat unique dès le premier tour, comporte énormément de risques en cas de second tour. La
bipolarisation de la vie politique nationale certes est une chance non négligeable au regard de la crise sociale, mais elle risque aussi d’être un
avantage pour Le fils du Président au regard des plans de succession que tante de mettre en place le président.
A y voir de plus prés, il est indispensable de recentrer les positions et d’approfondir les discutions afin de trouver d’autres hypothèses moins risquées et plus démocratiques. Pourquoi ne pas
aller à une primaire au sein de l’opposition (BSS) ? Pourquoi ne pas choisir deux candidats pour (BSS) ? La première question pourra nous résoudre le problème de leaderships dont
souffre notre opposition et la seconde nous permettra d’avoir au moment opportun un poids supplémentaire sur la balance comme ce fut le cas en 2000 avec l’apport de Moustapha NIASS au second
tour.
Cette primaire au sein de BSS, sera une réponse à l’une des crises qui paralysent l’opposition
sénégalaise : la crise de leadership. Déjà , neuf ans après son élection, la succession de Wade au poste de président de la rue publique n’est toujours pas assurée. Cette vacance au sommet de
l’opposition a progressivement déstructuré la vie politique de notre opposition et menace son avenir. Hors, la primaire apportera une solution institutionnelle à une carence institutionnelle au
sein de notre opposition nationale: car, l’absence de procédure adaptée pour désigner un leader digne d’être un opposant farouche pose problème.
Cette procédure de désignation
populaire, ouverte aux militants, permettra aussi aux citoyens apolitiques dits du progrès de pouvoir eux aussi choisir leur candidat
à l’élection présidentielle. Cette forme démocratique offrira au candidat ou aux deux premiers une
formidable dynamique électorale, militante, citoyenne et patriote. Elle constituera avant tout la base d’un puissant élan de modernisation de notre vie démocratique nationale.Car, l’élection présidentielle de 2012 permet aux citoyens de répondre à la question
: « Qui sera élu comme président ? ». La primaire à son tour
permet un approfondissement démocratique en leur donnant la possibilité de répondre d’abord à la question : « Qui sera notre ou nos candidats à la présidence ? ». Cette prise de pouvoir et de
position des citoyens sur le choix de leur représentant participe du nouvel ordre démocratique et d’une nouvelle construction de la légitimité politique.
Cependant, il faut noter que la démocratisation engagée par la primaire ne s’arrête pas au choix du ou des candidats à la présidentielle. Elle
concerne aussi la ligne politique pour ne pas dire idéologique. Aujourd’hui, les actions sont décidées entre leaders et cette forme de prise de décision constitue le premier facteur de blocage à la candidature unique. Avec la primaire, le choix passe dans les mains des militants et citoyens : ils voteront en effet, non seulement pour une personnalité, mais aussi pour une ligne
politique qu’ils défendront. Au final, le projet de société sera
référendaire.
A terme, c’est la refonte même des partis politiques que la
primaire remettra en cause. C’est pourquoi de part mon observatoire,
il est indispensable voire impératif d’adopter pour notre opposition, d’adopter un système de primaire populaire comme ce fut les assises nationales pour désigner un ou deux candidats
à la présidentielle de 2012. Certes, les modalités sont encore à discuter, les conditions à définir.
Évidement que les conditions politiques des primaires ne pourront être arrêtées qu’à l’issue d’un
travail préalable dans le fond et sur la forme, permettant d’élaborer des sensibilités idéologiques communes. Mais le principe doit être arrêté dès maintenant, sereinement, et non dans l’urgence
pré-électorale si nous voulons arrêter les dérives monarchiques de Wade. Car il en va de l’avenir de notre démocratie.
Ainsi, l’objectif visé par l’opposition et tout les Sénégalais épris de justice, de droit et de bonne gouvernance est de
changer le système actuel qui au pire des cas pourra mener notre Sénégal dans la même situation qu’a connue la Cote d’Ivoire, c'est-à -dire, nous retrouver avec autant de fils spirituels disposant de gros moyens financiers, entourés de militants alimentaires sans sciences ni consciences
et capables de prendre le pouvoir par tout les moyens. Ce sont ses enfants qu’il faut barrer la route et non Wade car lui-même s’il pense à se présenter en 2012 son état de santé ne vote pas en
sa faveur.
Mais chers compatriotes, n’oublions pas que son candidat à lui « Karim » dispose de quelques atouts et que
chaque partie à ses forces et ses faiblesses. Quelles sont les forces et faiblesses de chaque camp politique ?
Les forces et faiblesses du Pouvoir. « Père et
Fils »
D’emblée disons qu’ils disposent des moyens financiers énormes en plus de
ceux de l’Etat. Ils ont des militants et sympathisants qui ne métrisent pas les données macro-économiques d’un pays pour savoir si un pays dispose d’une économie qui marche ou pas. Ce qui les intéresse c’est le statut alimentaire dont ils bénéficient. Ils disposent aussi
d’hommes de main capables de semer le désordre et le chaos. Si l’on sait que dans tous les types d’élections, on observe l’existence d’un plus, phénomène parfois confondu avec d’autres sous
l’appellation comité de soutien au président C’est le cas aujourd’hui des nombreuses formes de regroupements autour de Wade voir même du fils,
parfois pour les besoins alimentaires sans une réelle conviction. Les opportunistes affichent sans vergogne leurs positions : "l’opposition ne nourrit pas son homme" le cas Iba Der en est
l’illustration parfaite. Les déclarations de soutiens et de remerciements pour avoir nommé les fils du terroir ou offrir des avantages à t’elle ou
t’elle famille religieuse n’échappe pas à la règle. Même les petits succès sont amplifiés par les médiats d’Etat et considérés comme des exploits. Le seul handicap envisagé sera considérable que
si les divisions qui seront certainement nées des positionnements deviennent le résultat d’une crise au sein de l’entourage du président. Il est évident que le Chef de l’Etat en voulant mettre
son fils au pouvoir aura des difficultés pour garder l’ensemble de ses alliés. Les perdants chercheront à s’abriter sur d’autres listes de
l’opposition.
Car, sa seule formule pour introniser son fils reste l’effet de perroquet : le nom de son fils Karim sera répété de jour
comme de nuit dans tout les médiats d’Etat ainsi que dans toutes les chapèles politiques comme le fait si bien cet oiseau (le perroquet). Cet effet
de résonance qui fait et défait les hommes politiques peut s’avérer payant si l’on sait que la quasi-totalité des citoyens sont des analphabètes
prêtes à suivre la direction du vent.
En 2000 le Président Wade n’était pas candidat sortant, à cette
époque le Président Diouf était en fin de période d’ajustement structurel. La volonté populaire à un changement était manifeste. Wade qui était déjà le président de la rue publique
disposait d’un avantage parmi les opposants. Donc un triple phénomène qui explique son élection au
second tour. Cependant, l’hypothèse d’un état de grâce à la fonction peut durer tout au plus jusqu’en 2010 pour faire place à l’effet d’usure. Mais aussi, la lassitude des sénégalais qui ont vécu
les drames des inondations le manque d’électricité, le non respect des institutions, etc. Mais quand l’impact des souffrances est fort comme en 2000,
le candidat visiblement dit l’homme du pouvoir n’emportera pas la majorité des suffrages.
Les atouts et les faiblesses de l’opposition.
L’opposition sénégalaise ne dispose pas d’assez de moyens matériels et financiers pour combattre l’adversaire qui a le
monopole des moyens de l’Etat. Seulement l’argent à lui seul n’a jamais gagné une élection. Les résultats d’une élection présidentielle sont principalement le résultat de l’influence de trois
facteurs à savoir : la prédisposition politique des citoyens, l’impact de la crise sociale et l’influence de la personnalité des candidats.
Les deux premiers ont été remplis puisque, le peuple sénégalais dispose d’une prédisposition politique qui d’ailleurs a été prouvée lors de dernières
élections municipales. Le second existe compte tenu de la situation actuelle du pays. Reste le troisième, la personnalité du candidat qui est un
facteur déterminant dans ce contexte de primaire. Ce choix se fera sur la base d’une seule question : « qui est le candidat le plus apte Ã
diriger le pays ? La réponse à cette question est certes valable, mais pas pour un pays comme le notre ni pour une jeune démocratie. Elle est valable pour un pays comme les Etats Unis car,
dans ses pays la démocratie est une religion.
Dans une jeune démocratie comme le notre, le choix du candidat ne doit pas s’apparenter à la personnalité du
candidat mais plutôt aux hommes qui l’entourent. Ainsi, ce choix se fera sur la base d’une autre
question : « quel est le candidat qui dispose de plus d’hommes capables ? La réponse à cette
question nous permettra d’éviter les erreurs de 2000 c’est à dire choisir l’homme Wade sans se préoccuper des hommes qui l’entouraient. Conséquence,
il à gouverner ce pays avec une bande d’incompétent. Connaitre la personnalité du candidat est important, mais mieux encore s’avoir qui sont ses hommes, car même avec le meilleur pilote du monde
de formule 1, si l’écurie n’est pas compétente il ne fera jamais de bons résultats. Dans tous les cas, l’hypothèse d’une candidature unique de l’opposition n’aura d’effet que si les leaders de
l’opposition acceptent le principe des primaires. Reste à savoir si BSS aura un candidat ou deux au premier tour.
Idrissa Ben SENE
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