Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /2008 20:17

Farba Senghor limogé du gouvernement
Mon cher ami je vous l’avais dit arrêtez votre cirque….

Tout ou presque tout a été dit sur le limogeage de mon très cher ami Farba Senghor. L’observateur averti a pu en compilant ou en synthétisant les analyses abondamment publiées cette semaine dans les médias se bâtir sa propre opinion. Mais l’événement continuera à faire couler de l’ancre et de la salive. Toute chose qui participe à une clarification des faits juridiques reste toujours médiatique.

Pour paraphraser l’adage, dites-moi comment les journaux analysent et je vous dirai pour qui roulent les plumes qui les écrivent. C’est connu l’homme a ses réseaux dans les nervis et aujourd’hui il est payé en retour par son attachement à la violence. De nos jours ne faut-il pas beaucoup de diplomatie pour faire de la politique ? Mais pour rester dans le sujet de l’heure, disons qu’il y a des limogeages qui n’ont pas besoin d’être expliqués. Ils parlent par eux-mêmes selon la dynamique des circonstances du temps et du lieu.  

Les circonstances du temps pour l’exécutif sont celles d’un gouvernement qui peine à trouver les solutions pour les populations et qui au demeurant n’a pas besoin de conflits. Mais elles sont surtout celles d’une crise sociale non entièrement résorbée qui a occasionné des manifestations inattendues, expressions de fortes demandes sociales en attentes. On ne peut donc pas se permettre de mettre des éléphants dans des boutiques de porcelaines. Les circonstances du lieu sont celles d’une République démocratique en maturation. Le président démocratiquement élu, doit rendre compte aux populations et passer régulièrement l’épreuve du verdict des urnes pour un renouvellement du contrat de confiance. Il ne peut donc se payer le luxe d’une paralysie ou tout au moins d’une incohérence de l’action gouvernementale et partant de tout l’appareil d’Etat.  C’est donc en toute logique que dans ce remaniement ministériel, le président a plaidé pour une plus grande cohérence dans l’action du gouvernement.

Par ailleurs ce que ni le Président de la république ni son Premier Ministre ont dit, c’est que Farba Senghor se prenait pour un PM bis depuis quelques temps. D’abord le conflit de l’Asecna, il a été au cœur de la crise universitaire, il fut le détracteur de Sourang  ministre de l’éducation nationale, il est monté au créneau sur la crise en casamance pour ensuite finir avec la presse. On ne peut pas être si longtemps sur la brèche mais surtout user à la fois des méthodes à la hussarde et à la pieuvre sans devenir encombrant…

Mon cher ami je vous l’avez dit arrêtez votre cirque….

Par l’ambition. Eh oui, celui qui se définissait lui-même comme le coursier de la première Dame voulait être Premier ministre depuis quelque temps ! A défaut d’avoir obtenu cette promotion, il regardait avec condescendance ceux commis à la tâche s’il ne développait pas des initiatives parallèles pas toujours en harmonie avec le souci de collégialité de l’équipe gouvernementale. De fait, l’homme en étant venu à se considérer non pas seulement comme le numéro 2 du parti majoritaire, mais également comme le numéro 2 bis à la tête de l’Etat tout simplement. La peur de perdre un tel piédestal qu’il s’était forgé l’a conduit à créer et à alimenter dès le départ de Macky sall la thèse d’une succession dynastique à la tête de l’Etat. Se rendait-il compte qu’en véhiculant pareille hypothèse, il érodait insidieusement le capital de sympathie des Sénégalais à l’endroit du président, indirectement accusé de népotisme ? Drôle d’attitude pour un « fidèle des fidèles camarades de parti du président ! En somme, à force de jouer au clown avec des arrières pensées de positionnement politique, l’homme a pu paraître encombrant aux yeux du président, gênant sans gêne une coordination efficace de l’action gouvernementale. Son limogeage donne une forte indication de la volonté du Président de donner des couleurs neuves au système de gouvernance. Celle débarrassée du trafic d’influence en tout genre, des passe-droits indus et des intouchables. N’est-ce pas que le signe des temps est à la l’apaisement ?

Idrissa Ben SENE

 

Par Bensen - Publié dans : Politique
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