Un avis au service de la nation
En organisant les Assises Nationale, l'opposition a exprimé une grande ambition pour le Sénégal: créer un nouvel ordre politique, économique et social pour un Sénégal prospère.
Cet objectif nous devons le soutenir ensemble. Car, il ne peut être atteint qu'en associant tous les acteurs de la vie politique, de la société civile, des secteurs privés, publics, et de la diaspora, en somme toute la population sénégalaise.
Je me félicite que ces Assises puissent rendre possible cet échange d'analyses, de vision, d'idées et surtout d'un projet de société viable pour le Sénégal. Je voudrais ici souligner aussi combien ces Assises constituent selon moi une occasion pour exprimer un choix de société et de politique nouveau: le choix de la bonne gouvernance par la gestion transparente des ressources publiques car c'est le choix du développement durable.
L'objectif a été posé assez clairement par Monsieur Moustapha NIASSE, au terme de la lettre d'information adressé aux Sénégalais de la Diaspora. Ce que Monsieur NIASSE nous a dit en substance c'est que le Sénégal dispose de tous les ingrédients de la croissance par la bonne gouvernance: les richesses minières, les infrastructures industrielles, les terres cultivables, les hommes et les femmes dont la qualité de la formation est reconnue partout dans le monde, une capacité d'épargne des émigrés et de financement importante des Sénégalais de la diaspora. Alors d'où viennent les difficultés à transformer ces atouts en croissance et en emplois des jeunes ?
Pour ma part, ces difficultés tiennent pour l'essentiel d'une allocation imparfaite de toutes ses ressources. Les ressources publiques ne sont plus dans les Ministères mais entre les mains des Directeurs généraux d'agences nationales, les Directeurs généraux ne sont pas là où sont les techniciens de l'administration. C'est donc notre responsabilité commune d'œuvrer pour un nouvel ordre économique et social. C'est à nous tous fils du Sénégal qu'il appartient de créer les conditions de réussite de ces Assises qui constituent la seule porte de sortie à la crise que traverse notre pays.
Car, l'optique fondamental de ces Assises vise à répondre en réalité à trois questions :
1) Comment limiter la souffrance des Sénégalais ?
2) Comment trouver de nouveaux procédés susceptibles d'améliorer le pouvoir d'achat des Sénégalais ?
3) Comment, ensuite transformer ces bonnes idées en croissance et en emploi ?
Toutes les analyses d'experts le démontrent, la bonne gouvernance et l'utilisation rationnelle des ressources de l'état liés à la transparence constituent, le principal gisement du développement et d'une paix durable.
Messieurs les participants, ce rendez-vous a été pris, à la demande déjà lointaine de plusieurs partis du Front Siigl Sénégal et de la société civile.
D'autre part, la solidarité des partis initiateurs des assises ou de ceux qui parlent en leur nom est rarement
prise en défaut, même s'ils étaient occupés par des luttes de positionnement, mais les choix fondamentaux sont ceux que vous savez, sortir le Sénégal de cette galère. Cette rencontre sera
déterminante pour le devenir du Sénégal et des Sénégalais. Cependant, nous devons tous nous retrouvé côte à côte pour le même combat et pour la réussite de ces assises. Je ne dirais pas que c'est
un devoir, mais il s'agit simplement de problèmes de fonds, et puis à chaque génération son dû. Car, on ne peut pas toujours faire la même chose. Les lignes de clivage qui ont été les vôtres lors
des dernières élections correspondaient à une période de l'histoire politique du pays. Celles d'aujourd'hui ne sont pas fondamentalement différentes, mais les formes de ce combat doivent changer.
A vous d'en décider, aux assises de dire ce qu'il convient de dire et de faire ce qu'il convient de faire. Ce n'est pas à moi de me substituer à vous, mais je comprends très bien que, si vous
dites les mêmes choses, vous ne les dites pas de la même façon, simplement que vous ne disiez pas le contraire.
Pour ma part, j'ai préservé ma liberté de pensée et d'action politique et ce n'est pas en ce moment que je
vais y renoncer. Quoique l'on pense ou quoique l'on dise, il reste peu de temps et ce peu de temps, lui, doit être employé à rester fidèle à soi-même, en même temps qu'à tenter de dessiner les
lignes du lendemain pour un Sénégal nouveau. Je me réjouis de ces assises vous voir rassemblés au Méridien Président, vous avez bien fait de choisir cet endroit, ce lieu qui à travers le temps a
montré qu'il symbolisait toujours le sérieux et la dimension des rencontres. Vous avez bien fait.
Et c'est pour moi l'occasion de répondre d'un seul coup à bien des obligations citoyennes auxquelles j'avais souscrit à travers le temps et je me sentais redevable à votre égard. C'est fait, si
l'on peut dire. Mon ami El Hadj KASSE du Model (mouvement démocrate et liberté) se rappellera de nos conversations passionnées d'il y a quelques temps. Avec d'autres que j'ai eu la chance de
connaître et qui sont devenus mes amis depuis lors. L'opposition aime se diviser. Je ne crois pas que ce soit une tare dès lors qu'il sait aussi se rassembler. Rien de plus ennuyeux, de plus
monotone que ce que l'on entend ici ou là, quand il n'y a que des querelles personnelles, mais c'est en réalité l'uniformité de la défense d'intérêt supérieur du Sénégal. Enfin, faites comme vous
l'entendez. Je voulais juste à travers cette lettre, vous dire à quel point vous avez compris.
Chers organisateurs, réussissez dans vos travaux. Réussir, qu'est-ce que cela veut dire ? Vous n'allez pas d'un coup reconquérir tous les cœurs, mais n'oubliez pas que vous en avez gagnés beaucoup. La vie, comme le combat politique, est faite de méandres. C'est le mouvement même de la vie. J'ai le sentiment que le Président Amadou Mactar MBOW, vers qui vont tous mes vœux, a dit ce qu'il fallait dire. Je l'ai lu par chance, parce qu'il fallait avoir l'œil sur le net - déclarer " à la date fixée avec ou sans l'État on ira aux assises".
Alors, à travers cette lettre je vous souhaite bonne chance et cette chance, elle ne tombera pas du ciel. C'est vous qui la forgerez avec vos convictions. Il faudra donc prendre les quatre Cons et laisser à Farba SENGHOR le cinquième Con, soyez conscients, convaincus, conséquents et compétents. Rien ne vous sera épargné. Certains d'entre vous vont quitté la barque par peur de représailles.
Mais, vous, vous pouvez dés maintenant mesurer la somme d'injustices qu'il faudra supporter, si l'on parvient à porter haut ce flambeau. Il faut le savoir : rien ne vous sera épargné et je ne peux pas dire que je sois le plus à l'abri.
Je vous souhaite au bout de vos travaux une pleine réussite, et souhaite à l'équipe dirigeante qui va se
constituer de savoir maintenir son unité dans sa diversité, cela va de soi. Cela ne peut pas être autrement chez l'opposition, mais au moins son unité pour un même combat, pour une même victoire
qui ne sera pas uniquement la vôtre, qui sera celle du peuple Sénégalais, qui sera aussi celle des classes et des groupes sociaux dont vous êtes les interprètes et qui sans vous seront sans doute
abandonnés. Abandonnés à toutes les luttes d'intérêts, abandonnés à toutes les colères de ceux qui ont eu peur.
Votre devoir est de rester présent et fidèle.
Idrissa Ben SENE
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